Le bocage, un éco-système vertueux 

adapté pour un futur désirable ? 

Le 1er février 2026, une vingtaine de citoyens du bocage Ornais se retrouvent à Sainte Honorine la guillaume (61) pour une matinée intitulée : « le bocage, et si on reprenait tout à zéro ». Le système bocager, revisité, peut-il, compte tenu du contexte climatique et sociétal, constituer un éco-système adapté pour construire un futur désirable ? Tel était l’objectif de cette rencontre que j’ai proposé dans le cadre de la RAB (République Autonome du Bocage), événement organisé par quelques bénévoles créatifs, libres et joyeux

Le « système bocager » - de quoi s'agit-il ?

Le « système bocager » traditionnel est composé de prairies et de champs de taille modeste (de 1 à 4 hectares). Un maillage bocager dense, souvent sur talus entourent les parcelles. Des chemins permettent de se déplacer sur le territoire, à pied, à cheval ou en vélo. Des vergers hautes tiges fournissent à la fois des fruits et le pâturage des animaux. Des bois abritent une faune sauvage, fournissent le chauffage aux habitants. Des hameaux parsèment la campagne et chacun d’entre eux abritent de 3 à 10 maisons. 

Cette organisation de l’espace permet le développement d’une faune et une flore diversifiée. Elle protège la ressource en eau, diminue le recours aux intrants importés (engrais) grâce à la présence de l’élevage non industriel. Elle apporte une qualité de vie aux habitants et aux touristes (randonnées notamment). 

L’industrialisation de l’agriculture met à mal ce bocage : agrandissement des parcelles, suppression des haies et chemins, utilisation massive de pesticides, détérioration des petites routes à cause des machines agricoles de plus en plus puissantes (et lourdes), destruction des emplois locaux (une personne pour 100 hectares peut suffire, au lieu de 1 pour 20 à 30 hectares pour un système diversifiée avec transformation locale).

Il me paraissait donc nécessaire d’impliquer les citoyens dans cette réflexion.

Un atelier basé sur une approche sensible

La session s’est déroulé en 3 phases 

  • un atelier de plantation de quelques charmilles, pour compléter une haie  située dans un verger tout proche de la salle. Il s’agissait de nous rapprocher de la terre qui nous nourrit en utilisant nos sens
  • Un échange sur cette expérience sensible. L’objectif étant de faire le lien ensuite entre cette nature « systémique », qui fonctionne en local, en réseau, qui est économe en énergie, qui nous apaise, ET notre société « extractiviste », qui consomme sans compter.
  •  Un atelier d’application pour le territoire. Il s’agit là de (re)créer un écosystème de vie, local, vertueux, intégrant les liens à nouer avec les acteurs locaux pour que cela fonctionne. 

qui a permis de se projeter dans un futur désirable pour tous

Le résultat est impressionnant : le groupe a su décrire graphiquement, sur papier, et oralement un écosystème local. Ses particularités : il valorise les matières premières du territoire, crée de l’activité artisanale locale (produits à base de laine, rénovation du bâti avec des matériaux naturels et locaux, valorisation du bois, transformation alimentaire…). Il crée du lien social en local et favorise les activités culturelle locale (écoles, EPHAD…).

C’est ici la preuve qu’il est possible, dans un temps court, de sensibiliser les citoyens aux atouts du système bocager et de les amener à se projeter dans un univers ou il faut bon vivre.

Cette initiative, les collectivités peuvent la mener chez eux, quel que soit leur environnement, afin de créer les conditions favorables à une évolution de leur modèle de développement.